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Les saveurs de la grossesse façonnent-elles les goûts de l’enfant ?

Et si les préférences alimentaires commençaient avant même la naissance ? Cette étude montre que les expositions sensorielles in utero, via l’alimentation maternelle, laissent des traces durables qui influencent encore, des années plus tard, l’acceptation des légumes chez l’enfant.

•Publié par le Conseil Scientifique du CERDEN®•5 min de lecture

En bref

  • L’équipe a suivi des femmes enceintes, dont la consommation de certains légumes a été précisément documentée en fin de grossesse, afin d’identifier pour chaque futur enfant des odeurs de légumes auxquelles il avait été exposé in utero et d’autres auxquelles il ne l’avait pas été.
  • Les enfants réagissent de façon plus positive ou moins aversive aux odeurs de légumes correspondant à celles fréquemment consommées par leur mère pendant la grossesse, par rapport à des odeurs de légumes non rencontrées avant la naissance.
  • Les expériences olfactives fœtales ne sont pas simplement transitoires mais peuvent donner lieu à des mémoires chimio-sensorielles durables, qui se manifestent par une familiarité accrue ou une meilleure acceptation de certains arômes de légumes.
  • Une alimentation maternelle variée et riche en légumes pendant la grossesse pourrait faciliter, plus tard, l’acceptation de ces aliments chez l’enfant, en préparant précocement son répertoire sensoriel et ses préférences.

Et si les préférences alimentaires commençaient avant même la naissance ? Cette étude montre que les expositions sensorielles in utero, via l’alimentation maternelle, laissent des traces durables qui influencent encore, des années plus tard, l’acceptation des légumes chez l’enfant.

Cette étude examine si les fœtus humains sont capables de former des mémoires chimio-sensorielles de longue durée à partir des odeurs/flaveurs auxquelles ils sont exposés via l’alimentation maternelle pendant la grossesse et si ces traces mnésiques sont encore détectables plusieurs années plus tard chez l’enfant. Les auteurs s’appuient sur le cadre du “flavor learning” prénatal, selon lequel les composés aromatiques du régime maternel traversent le liquide amniotique et sont perçus par le fœtus, pouvant ainsi façonner ultérieurement les préférences alimentaires.

Concrètement, l’équipe a suivi des femmes enceintes, dont la consommation de certains légumes a été précisément documentée en fin de grossesse, afin d’identifier pour chaque futur enfant des odeurs de légumes auxquelles il avait été exposé in utero et d’autres auxquelles il ne l’avait pas été. Lorsque ces enfants ont atteint la petite enfance, ils ont été exposés en situation contrôlée à ces différentes odeurs de légumes, tandis que leurs réactions (attention, expressions faciales, signes d’acceptation ou de rejet, éventuellement évaluations parentales) étaient observées et codées de manière standardisée.

Les résultats montrent que les enfants réagissent de façon plus positive ou moins aversive aux odeurs de légumes correspondant à celles fréquemment consommées par leur mère pendant la grossesse, par rapport à des odeurs de légumes non rencontrées avant la naissance. Ces différences de réponse, observées plusieurs années après la naissance, suggèrent que les expériences olfactives fœtales ne sont pas simplement transitoires mais peuvent donner lieu à des mémoires chimio-sensorielles durables, qui se manifestent par une familiarité accrue ou une meilleure acceptation de certains arômes de légumes.

Les auteurs concluent que le fœtus humain est capable de former des mémorisations de longue durée à partir des stimuli olfactifs et sapides liés au régime maternel qui peuvent influencer le comportement alimentaire ultérieur de l’enfant. D’un point de vue pratique, ces données renforcent l’idée qu’une alimentation maternelle variée et riche en légumes pendant la grossesse pourrait faciliter, plus tard, l’acceptation de ces aliments chez l’enfant, en préparant précocement son répertoire sensoriel et ses préférences.

Référence

Do Human Fetuses Form Long-Lasting Chemosensory Memories? Longitudinal Follow-Up From Fetus to Young Child of Facial Responses to Flavor/Odor Stimuli

Nadja Reissland, Jochen Einbeck, Deimantė Baguckaitė, Beyza Ustun-Elayan, Benoist Schaal, Jacqueline Blissett

First published: 12 May 2026

Abstract rédigé par Willy Vandenschrick, Diététicien-nutritionniste et Nutrithérapeute certifié Cerden®, Conseil Scientifique du CERDEN®.

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