Accéder au contenu principal

Veille scientifique internationale

Krill versus poisson : l’huile de krill augmente davantage les oméga-3 plasmatiques chez l’adulte en bonne santé

Chez l’adulte en bonne santé, cette étude montre qu’à dose équivalente d’EPA+DHA, l’huile de krill augmente davantage les oméga-3 plasmatiques que l’huile de poisson, avec un effet marqué chez les femmes et indépendant du génotype APOE4.

•Publié par le Conseil Scientifique du CERDEN®•4 min de lecture

En bref

  • 72 adultes (53 femmes, 19 hommes), appariés sur l’âge et l’IMC, ont été randomisés pour recevoir 1,1 g/j d’oméga-3 (EPA + DHA) sous forme d’huile de krill ou d’huile de poisson pendant 12 semaines.
  • Les interactions temps-traitement étaient significatives pour l’EPA (p = 0,0001) et le DHA (p = 0,005), l’huile de krill entraînant une augmentation d’environ 1,5 fois supérieure des concentrations plasmatiques d’EPA et de DHA par rapport à l’huile de poisson.
  • Une interaction temps-sexe significative a été observée pour l’EPA (p = 0,026), les femmes présentant une hausse d’EPA environ 1,5 fois plus élevée que les hommes après 12 semaines, indépendamment du type d’huile.
  • L’échantillon est relativement petit et composé uniquement d’adultes en bonne santé, ce qui restreint la généralisation aux populations à risque ou aux patients.

Cette étude randomisée en double aveugle a évalué l’effet comparatif d’une supplémentation en huile de krill versus en huile de poisson sur les concentrations plasmatiques d’acides gras oméga-3 chez des adultes en bonne santé. Les oméga-3 à longue chaîne, notamment l’EPA et le DHA, sont largement reconnus pour leurs bénéfices cardio-métaboliques et neurocognitifs, mais leur biodisponibilité peut varier selon le sexe, le statut génétique APOE4 et la forme chimique sous laquelle ils sont apportés. L’huile de krill fournit principalement l’EPA et le DHA sous forme de phospholipides, tandis que l’huile de poisson les apporte majoritairement sous forme de triglycérides, ce qui pourrait influencer l’absorption et l’incorporation dans les lipides circulants.

Au total, 72 adultes (53 femmes, 19 hommes), appariés sur l’âge et l’IMC, ont été randomisés pour recevoir 1,1 g/j d’oméga-3 (EPA + DHA) sous forme d’huile de krill ou d’huile de poisson pendant 12 semaines. Les acides gras plasmatiques ont été mesurés à l’inclusion puis aux semaines 1, 2, 4 et 12 par chromatographie en phase gazeuse et les variations par rapport à la ligne de base ont été analysées en fonction du traitement, du sexe et du statut APOE4. Les interactions temps-traitement étaient significatives pour l’EPA (p = 0,0001) et le DHA (p = 0,005), l’huile de krill entraînant une augmentation d’environ 1,5 fois supérieure des concentrations plasmatiques d’EPA et de DHA par rapport à l’huile de poisson. Une interaction temps-sexe significative a été observée pour l’EPA (p = 0,026), les femmes présentant une hausse d’EPA environ 1,5 fois plus élevée que les hommes après 12 semaines, indépendamment du type d’huile. Les porteurs de l’allèle APOE4 ont montré des augmentations approximatives de 3 fois pour l’EPA et de 1,6 fois pour le DHA par rapport à la ligne de base, sans différence significative par rapport aux non-porteurs.

En conclusion, chez des adultes en bonne santé, l’huile de krill augmente davantage les concentrations plasmatiques d’EPA et de DHA que l’huile de poisson. Cet avantage ne semble pas être modulé par le génotype APOE4. Ces résultats suggèrent qu’en situation de besoins élevés en oméga-3, une dose plus faible d’huile de krill pourrait suffire pour obtenir une enrichment plasmatique similaire ou supérieure à celle apportée par l’huile de poisson, ce qui présente un intérêt potentiel pour l’optimisation des stratégies de supplémentation.

Malgré la qualité de cette étude (essai randomisé en double aveugle), plusieurs limites doivent être rappelées. L’échantillon est relativement petit et composé uniquement d’adultes en bonne santé, ce qui restreint la généralisation aux populations à risque ou aux patients. La durée de 12 semaines ne permet pas de juger des effets cliniques à long terme ni des bénéfices sur des critères précis (événements cardiovasculaires, cognition). Enfin, l’étude se focalise sur les concentrations plasmatiques d’oméga-3, sans données détaillées sur l’oméga-3 index érythrocytaire ni sur une relation dose-réponse, ce qui limite la portée pratique des résultats.

Référence

Krill oil increases plasma omega-3 fatty acids more than fish oil in healthy adults: a double-blind randomized controlled trial. American Journal of Clinical Nutrition. 2026;124(1):101346. doi:10.1016/j.ajcnut.2026.101346

Abstract rédigé par Willy Vandenschrick, Diététicien-nutritionniste et Nutrithérapeute certifié Cerden®, Conseil Scientifique du CERDEN®.

Conseil Scientifique du CERDEN
Analyse et validation

Conseil Scientifique du CERDEN®

Les membres du conseil scientifique du CERDEN® sélectionnent et rédigent les analyses de publications internationales en nutrition et nutrithérapie diffusées dans la veille scientifique internationale du Cerden®.

Voir la fiche et les publications →

Se former au CERDEN®

Transformer la science en pratique clinique

Depuis 25 ans, le CERDEN® forme des nutrithérapeutes et des conseillers en nutrition humaine sur base des données scientifiques les plus récentes. Formations certifiées Fédération Européenne des Ecoles (FEDE), à Bruxelles.

Découvrir nos formations

À lire également

CANCER : un régime riche en graisses accélère la croissance tumorale

Et si, dans le cancer du sein triple négatif, ce n’était pas le sucre mais les lipides qui nourrissaient le plus l’agressivité tumorale ?

Additifs alimentaires colorants et incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

Dans une cohorte de plus de 100 000 adultes français, une exposition régulière aux colorants alimentaires apparaît associée à une hausse mesurable du risque de cancer, en particulier du sein, invitant à reconsidérer la place des produits ultra-transformés dans nos assiettes.

Un avocat par jour : une intervention minimaliste pour alléger la charge glycémique

En ajoutant simplement un avocat quotidien au régime habituel d’adultes avec obésité abdominale, l’essai HAT montre qu’il est possible de réduire significativement la charge glycémique sans bouleverser les habitudes alimentaires.