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Fructose ou glucose : lequel est vraiment en cause dans les maladies métaboliques ?
Le fructose n'est pas qu'un sucre : c'est un véritable signal métabolique capable de programmer l'organisme pour stocker davantage de graisses.
•Publié par le Conseil Scientifique du CERDEN®•5 min de lecture
En bref
- Les auteurs insistent sur le fait que le fructose agit comme un véritable signal métabolique, capable d'orienter le fonctionnement de l'organisme vers le stockage énergétique, en particulier sous forme de graisses.
- Son métabolisme contourne certaines étapes clés de régulation de la glycolyse, notamment celles contrôlées par la phosphofructokinase, ce qui entraîne un flux métabolique peu régulé.
- Le métabolisme du fructose s'accompagne d'une diminution des réserves énergétiques cellulaires, notamment via une déplétion en ATP, et d'une augmentation de la production de métabolites tels que l'acide urique, associés au stress métabolique.
- L'organisme est capable d'en produire à partir du glucose via la voie des polyols, notamment dans des contextes d'hyperglycémie ou de stress métabolique.
Ce rapport récent, mené par des nutritionnistes et endocrinologues de l'Université du Colorado Anschutz et publié dans la revue Nature Metabolism, met en évidence le rôle central et spécifique du fructose dans le développement des maladies métaboliques. Contrairement à une vision classique qui considère les sucres uniquement sous l'angle de leur apport calorique, les auteurs insistent sur le fait que le fructose agit comme un véritable signal métabolique, capable d'orienter le fonctionnement de l'organisme vers le stockage énergétique, en particulier sous forme de graisses.
L'étude s'intéresse principalement aux édulcorants courants tels que le saccharose et le sirop de maïs à haute teneur en fructose, tous deux composés de glucose et de fructose. Cependant, il apparaît que le fructose possède des effets métaboliques distincts et plus délétères que ceux du glucose. En effet, son métabolisme contourne certaines étapes clés de régulation de la glycolyse, notamment celles contrôlées par la phosphofructokinase, ce qui entraîne un flux métabolique peu régulé. Cette particularité favorise la lipogenèse hépatique, c'est-à-dire la production de graisses à partir de substrats glucidiques.
Par ailleurs, le métabolisme du fructose s'accompagne d'une diminution des réserves énergétiques cellulaires, notamment via une déplétion en ATP, et d'une augmentation de la production de métabolites tels que l'acide urique, associés au stress métabolique. Ces mécanismes contribuent progressivement à l'installation d'un ensemble de perturbations regroupées sous le terme de syndrome métabolique, incluant l'obésité, la résistance à l'insuline et un risque accru de maladies cardiovasculaires.
Un élément particulièrement important mis en avant par ce rapport est que le fructose ne provient pas uniquement de l'alimentation. L'organisme est capable d'en produire à partir du glucose via la voie des polyols, notamment dans des contextes d'hyperglycémie ou de stress métabolique. Cette production endogène suggère que le rôle du fructose dans les pathologies métaboliques pourrait être plus étendu qu'on ne le pensait initialement, dépassant la seule question des apports alimentaires en sucres ajoutés.
Les auteurs replacent également ces résultats dans une perspective évolutive. Historiquement, la capacité du fructose à favoriser le stockage énergétique sous forme de graisses constituait un avantage adaptatif, permettant à l'organisme de faire face aux périodes de disette. Cependant, dans le contexte actuel d'abondance alimentaire et de consommation élevée de sucres libres, ces mêmes mécanismes deviennent inadaptés et contribuent au développement des maladies chroniques.
Enfin, ce travail s'inscrit dans un contexte de santé publique préoccupant, marqué par une augmentation mondiale des taux d'obésité et de diabète. Même si certaines populations ont réduit leur consommation de boissons sucrées, l'apport global en sucres libres reste souvent supérieur aux recommandations. Ainsi, une meilleure compréhension des effets spécifiques du fructose apparaît essentielle pour affiner les stratégies de prévention et de prise en charge des maladies métaboliques, en tenant compte non seulement de la quantité de sucre consommée, mais aussi de sa nature et de ses effets biologiques propres.
Nature Metabolism 17 April, 2026 DOI :10.1038/s42255-026-01506-y Fructose: metabolic signal and modern hazard
Abstract rédigé par Willy Vandenschrick, Diététicien-nutritionniste et Nutrithérapeute certifié Cerden®, Conseil Scientifique du CERDEN®.

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