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Aliments ultra-transformés : pourquoi l'ESC en fait un enjeu cardiovasculaire

Au-delà de leur faible qualité nutritionnelle, les aliments ultra-transformés s’imposent comme un facteur de risque cardiovasculaire émergent à repérer et à réduire en pratique clinique.

•Publié par le Conseil Scientifique du CERDEN®•4 min de lecture

En bref

  • Les AUT sont définis comme des formulations industrielles composées majoritairement d’ingrédients raffinés, d’additifs et de substances issues de procédés de transformation, souvent caractérisées par une faible densité nutritionnelle et une forte appétence.
  • Les données épidémiologiques examinées mettent en évidence une association globalement cohérente entre une consommation élevée d’AUT et un risque accru d’obésité, de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, de dyslipidémies, d’insulinorésistance et d’altération de la fonction rénale.
  • Ces résultats reposent principalement sur des études observationnelles ; ils ne permettent donc pas d’établir formellement une relation causale, mais leur cohérence, leur plausibilité biologique et leur convergence avec les mécanismes proposés renforcent leur pertinence clinique.
  • L’ESC recommande d’intégrer un dépistage systématique de la consommation d’AUT dans l’évaluation des habitudes de vie des patients à risque cardiovasculaire ou présentant une maladie cardio-métabolique établie.

Les aliments ultra-transformés (AUT) occupent désormais une place croissante dans les régimes alimentaires européens et constituent un enjeu majeur de prévention cardiovasculaire. Ce consensus clinique de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) synthétise les données disponibles sur les associations entre consommation d’AUT, facteurs de risque cardio-métaboliques et maladies cardiovasculaires, tout en proposant un cadre pragmatique pour la pratique clinique. Les AUT sont définis comme des formulations industrielles composées majoritairement d’ingrédients raffinés, d’additifs et de substances issues de procédés de transformation, souvent caractérisées par une faible densité nutritionnelle et une forte appétence.

Les données épidémiologiques examinées mettent en évidence une association globalement cohérente entre une consommation élevée d’AUT et un risque accru d’obésité, de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, de dyslipidémies, d’insulinorésistance et d’altération de la fonction rénale. Les niveaux de consommation les plus élevés sont également associés à une augmentation du risque de maladie coronarienne, de fibrillation atriale, d’événements cardiovasculaires et de mortalité cardiovasculaire. Ces résultats reposent principalement sur des études observationnelles ; ils ne permettent donc pas d’établir formellement une relation causale, mais leur cohérence, leur plausibilité biologique et leur convergence avec les mécanismes proposés renforcent leur pertinence clinique.

Plusieurs voies physiopathologiques sont discutées : qualité nutritionnelle défavorable, forte densité énergétique, faible teneur en fibres, altération de la satiété, hyperglycémie postprandiale, exposition aux additifs, composés néoformés, contaminants issus des emballages et effets possibles sur le microbiote intestinal, l’inflammation et le métabolisme cardiométabolique. Le document souligne que la transformation alimentaire doit être considérée conjointement au profil nutritionnel, sans s’y substituer.

L’ESC recommande d’intégrer un dépistage systématique de la consommation d’AUT dans l’évaluation des habitudes de vie des patients à risque cardiovasculaire ou présentant une maladie cardio-métabolique établie. Le conseil doit privilégier une démarche individualisée, fondée sur des substitutions réalistes vers des aliments bruts ou peu transformés, la lecture des listes d’ingrédients et le renforcement progressif des compétences alimentaires. Cette approche complète, sans remplacer, la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires reconnus.

Référence

Guasti L, Bonaccio M, Abreu A, et al. Ultra-processed foods, lifestyle management, and cardiovascular diseases: a clinical consensus statement of the European Society of Cardiology Council for Cardiology Practice and the European Association of Preventive Cardiology of the European Society of Cardiology. European Heart Journal. 2026;47(27):3456–3473. doi:10.1093/eurheartj/ehag226.

Abstract rédigé par Willy Vandenschrick, Diététicien-nutritionniste et Nutrithérapeute certifié Cerden®, Conseil Scientifique du CERDEN®.

Conseil Scientifique du CERDEN
Analyse et validation

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