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Veille scientifique internationale

Additifs alimentaires colorants et incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

Dans une cohorte de plus de 100 000 adultes français, une exposition régulière aux colorants alimentaires apparaît associée à une hausse mesurable du risque de cancer, en particulier du sein, invitant à reconsidérer la place des produits ultra-transformés dans nos assiettes.

•Publié par le Conseil Scientifique du CERDEN®•5 min de lecture

En bref

  • Les participants ayant les apports les plus élevés en colorants présentent un risque significativement augmenté de cancer, en particulier de cancer du sein, avec une association plus marquée après la ménopause.
  • Un risque plus élevé de cancer tous sites (HR ≈ 1,14, soit ~14% de plus vs non/faibles consommateurs).
  • Un risque accru de cancer du sein (HR ≈ 1,21), avec une augmentation encore plus marquée pour le cancer du sein post-ménopause (HR ≈ 1,32).
  • L’exposition chronique aux colorants pourrait contribuer au développement de certains cancers, indépendamment de la qualité globale de l’alimentation, même si une relation de causalité ne peut pas être affirmée.

L’étude menée par l’équipe ADDITIVES étudie le lien entre la consommation de colorants alimentaires (principalement E100–E199) et l’apparition de cancers dans la cohorte NutriNet-Santé, qui suit plus de 100 000 adultes français depuis 2009. Les apports en colorants sont estimés à partir de questionnaires alimentaires détaillés, couplés à des bases de données de composition permettant de quantifier précisément les additifs consommés. Les chercheurs utilisent des modèles statistiques adaptés à une cohorte prospective, en ajustant sur de nombreux facteurs de mode de vie (âge, sexe, IMC, tabac, activité physique, qualité globale de l’alimentation, part d’aliments ultra-transformés, etc.).

Ils observent que les participants ayant les apports les plus élevés en colorants présentent un risque significativement augmenté de cancer, en particulier de cancer du sein, avec une association plus marquée après la ménopause. Précisément, les plus forts consommateurs de colorants présentent :

  • un risque plus élevé de cancer tous sites (HR ≈ 1,14, soit ~14% de plus vs non/faibles consommateurs) ;
  • un risque accru de cancer du sein (HR ≈ 1,21), avec une augmentation encore plus marquée pour le cancer du sein post-ménopause (HR ≈ 1,32) ;
  • une augmentation correspondante du risque absolu de cancer à 60 ans (par exemple 13,3% vs 12,1% pour le cancer tous sites, 5,7% vs 4,8% pour le sein).

Ces résultats suggèrent donc que l’exposition chronique aux colorants pourrait contribuer au développement de certains cancers, indépendamment de la qualité globale de l’alimentation, même si une relation de causalité ne peut pas être affirmée. Les auteurs concluent que ces données, conjuguées à d’autres travaux sur les aliments ultra-transformés et les additifs, plaident pour limiter la consommation de produits riches en colorants et privilégier les aliments peu transformés, tout en appelant à de nouvelles études pour préciser les mécanismes en jeu.

Référence

Food colouring additives and cancer incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Eur J Epidemiol. 2026 Apr 9. doi: 10.1007/s10654-026-01393-3.

Abstract rédigé par Willy Vandenschrick, Diététicien-nutritionniste et Nutrithérapeute certifié Cerden®, Conseil Scientifique du CERDEN®.

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